DU SOMMET DE LA TERRE A LA TRANSITION JUSTE
En 1992, le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro lance la mobilisation mondiale pour l’environnement. Si le premier
accord contraignant concernant la réduction des gaz à effets de serre est signé à Kyoto en 1997 c’est à Paris, lors
de la COP21 de 2015, qu’un accord international majeur fixe l’objectif de limitation du réchauffement mondial à
1.5 °C d’ici 2100.
Cela fait plus de 50 ans que nous savons les risques encourus pour l’humanité liés au réchauffement climatique,
aux gaz à effets de serre et aux énergies fossiles. Et pourtant, les 1,5 °C sont d’ores et déjà atteints et les
dérèglements climatiques nous impactent désormais de manière concrète. Alors même qu’il ne s’agit que des
prémices de bouleversements majeurs, les forces politiques réactionnaires nourrissent un backlash
écologique dans un contexte de tensions sociales et de méfiance accrue envers les institutions.
La droite et l’extrême droite s’allient aux groupes d’intérêt économiques puissants et à leurs médias pour distiller
de fausses informations, voire des théories complotistes, sur le climat, son évolution et l’impact des activités
humaines. Cette polarisation fragilise le débat public et risque de freiner la dynamique collective pour les
transitions.
Face à ces enjeux l’union de la gauche et des écologistes n’est plus un choix, c’est une évidence. Le
changement climatique impacte en priorité les plus faibles et démunis. Tandis que les milliardaires se
construisent des bunkers dorés, 1 ménage sur 10 en France souffre de précarité énergétique. Face à la crise
climatique et sociale, l’enjeu désormais, c’est la Transition juste.
MONTPELLIER EN MOUVEMENT
L’Occitanie est la région française subissant le plus fort impact du réchauffement climatique en cours. Montpellier
connaîtra bientôt, à l’échelle de 20 ans, des conditions climatiques équivalentes à celles de l’Andalousie.
Depuis 2020, Montpellier a engagé une transformation progressive mais déterminante pour réduire ses
émissions de gaz à effet de serre. Le Plan Climat (PCAETS) 2021 / 2026 vient, en quelque sorte, matérialiser les
engagements des COP sur notre territoire montpellierain. C’est un cadre structurant pour l’ensemble de nos
politiques publiques liées non seulement à l’énergie, mais aussi aux mobilités, à l’habitat, l’aménagement urbain,
la nature en ville, l’eau, les déchets, la souveraineté alimentaire etc. Le bilan à mi-parcours du Plan climat
indique que Montpellier est sur la bonne trajectoire – 11% de baisse entre 2019 et 2022 – mais il nous faut
encore accélérer le mouvement, pour atteindre nos objectifs 2030. Dans un cadre où les deux sources
majoritaires de nos émissions sont le transports routier et le logement.
Il est indispensable de le faire avec toutes et tous et de conjuguer transition climatique, qualité de vie et justice
sociale, afin que cette transition soit portée par celles et ceux que cela concerne en premier lieu. L’atténuation et
l’adaptation au changement climatique passent par des actes politiques forts comme la gratuité des transports
en commun, la révolution des mobilités douces, le soutien à la Caisse alimentaire commune, les repas bio –
locaux à la cantine ou la tarification écologique de l’eau.
En vue de contribuer à cette accélération et parce que cela correspond à notre matrice politique, Les Écologistes
pour Montpellier proposent dans cette fiche un focus sur 4 projets phares pour le prochain mandat,
s’inscrivant dans le cadre de notre Plan Climat.
ENERGIE – UN BOUCLIER THERMIQUE ET SOCIAL
UNE REGIE PUBLIQUE DE L’ENERGIE
A Montpellier, un quart de notre consommation d’énergie est liée aux bâtiments résidentiels, tout à la fois passoires et bouilloires thermiques. Il s’agit d’un enjeu climatique mais aussi et surtout de qualité de vie pour toutes et tous, ainsi que de justice sociale – 15 % des ménages est exposée à la précarité énergétique. La rénovation du parc bâti est un axe fondamental permettant tout à la fois de réduire les GES et d’améliorer la qualité de vie.
Notre spécificité réside dans le fait que nous comptons plus de copropriétés que de maisons individuelles. C’est bénéfique en termes de densité urbaine, mais cela complexifie le processus de rénovation. Ces dernières années Montpellier a engagé un travail de fond pour mobiliser ces copropriétés. Ce travail porte ses fruits puisque le nombre de dossiers en demande d’aides devrait tripler en 2026.
Par ailleurs, le potentiel d’énergie renouvelable est près de 6 fois supérieur à la production actuelle et notre principal gisement de production d’énergie renouvelable réside dans le photovoltaïque. Montpellier fait partie des 5 villes les plus ensoleillées de France – et pourtant nous produisons deux fois moins d’énergie photovoltaïque que la moyenne nationale et huis fois moins qu’en Allemagne.
Nous proposons que sur le prochain mandant, la Métropole investisse 100 M€ « Pour un bouclier thermique
et social à Montpellier ». Il s’agira de :
o Soutenir l’isolation thermique des bâtiments publics et privés, pour un total de 25 000 logements.
o Garantir un taux de 50% de matériaux biosourcés dans ces rénovations thermiques.
o Développer la production d’électricité photovoltaïque en autoconsommation.
o Mettre en place un fonds de garantie à taux 0% pour les projets d’autoconsommation collective.
MOBILISATION – UNE ACADEMIE DU CLIMAT
Montpellier, l’Hérault et le Languedoc sont des territoires exceptionnels en terme de mobilisation citoyenne pour les transitions. Le tissu associatif est très dense et dynamique ; il s’inscrit dans une le cadre d’une économie sociale et solidaire puisant ses racines dans une culture coopérative ancienne. Montpellier est également un territoire de pointe pour
l’enseignement et la recherche. Néanmoins, il n’y a pas de lieu phare ou l’ensemble de ces énergies et de ces ressources peuvent être mutualisées et mises à disposition du grand public, des entreprises et des collectivités.
Sur le mandat 2026 – 32, nous proposons d’amener un soutien à la création d’une Académie du climat, et dans le cadre d’un cofinancement de 50% du cout – 1€ de la métropole pour 1€ des porteurs du projet. En effet les acteurs de l’Economie sociale et solidaire s’organisent depuis des années pour créer un Pôle de transition écologique, permettant de visibiliser leurs services, les rendre accessibles et les développer dans un cadre mutualisé. Il s’agira :
o D’un projet coopératif à visée éducative, culturelle, écologique, sociale et solidaire.
o D’un lieu de vie structurant et innovant, vitrine de l’éducation populaire, favorisant l’apprentissage, la
créativité, l’entrepreneuriat social et l’engagement citoyen.
o D’un lieu culturel, d’activité de plein air, d’alimentation et de restauration solidaire, proposant des espaces de
formation, de ressources et d’accompagnement.
Je souhaite m’engager dans les transitions ? Je ne sais pas comment m’y prendre ?
Je ne sais pas où commencer ? Je vais à l’Académie du climat…
MOBILITES – LE PLAN MARCHE A L’OMBRE
Sur le territoire de Montpellier, plus de la moitié de nos émissions de Gaz à effet de serre sont liées aux transports routiers. La majorité sortante a mené une politique très ambitieuse en matière de gratuité des transports en commun, de développement vélo et des logiques multimodales. Ces efforts se poursuivront – en matière de vélo, il s’agira notamment de traiter l’enjeu des carrefours dangereux et de continuité des pistes cyclables.
Plus globalement, les politiques de mobilités doivent maintenant donner la priorité aux piétons. Sur le mandat 2026 – 32, la marche sera la priorité en termes de mobilités. Il ne s’agira plus seulement de considérer la place des piétons dans chaque aménagement urbain, mais de concevoir l’aménagement urbain autour des piétons et de la marche. Pour cela il faudra :
o Créer 100 rues-jardins reliant les lieux de vie à l’échelle d’un quartier (écoles, commerces, transports).
o Créer de l’ombre et de la fraîcheur avec tous les outils à disposition (arbres, plantes grimpantes
sur structures, voilages…).
o Planter des arbres partout dès que possible, en s’appuyant sur le modèle réussi du Comité arbre.
o Créer de nouveaux parcs urbains de proximité.
o Désimperméabiliser au minimum 20 hectares supplémentaires.
o Créer un grand réseau piéton vert et frais qui relie les grands parcs.
o Etablir un plan de résorption des discontinuités piétonnes.
ALIMENTATION – BIEN MANGER, DANS SON QUARTIER
Notre système alimentaire pèse lourd : deuxième poste d’émission de gaz à effet de serre, il contribue aussi à l’effondrement de la biodiversité et à la précarisation du monde agricole. Mais il peut aussi devenir un puissant levier de transformation : produire autrement, consommer local, retisser les liens entre ville et campagne, entre producteur·rices et habitant·es. Il s’agit de penser au global et d’agir au local, dans le cadre dans l’approche « Une seule santé » – parce que la santé du vivant, celle de la terre et celle des humains ne font qu’une,
Une alimentation abordable, saine et de qualité est un droit fondamental. Nous voulons faire de Montpellier une ville où chacun·e, quel que soit son revenu, accède à une alimentation saine, locale et de qualité, à proximité de chez soi toute en faisant vivre les quartiers. Au-delà des avancées majeures des 5 dernières années, sur le mandat 2026 – 32, nous proposons
de :
o Renforcer le soutien à la Caisse
alimentaire commune, pour aller vers une sécurité sociale de l’alimentation.
o Aménager 10 Maisons de l’alimentation – lieux de convivialité et d’achat de produits de qualité à des prix
accessibles.
o Atteindre 100 % de produits bio, locaux ou sous signe de qualité dans les cantines, les crèches et les EHPAD
d’ici 2030.
o Faire de la pédagogie un levier de démocratie alimentaire, via une grande campagne de sensibilisation et
de formation aux pratiques alimentaires vertueuses au travers d’atelier cuisine, de cuisines mobiles et
fixes dans les écoles, dans les maisons pour tous, dans les quartiers, dans les logements sociaux…
Nous utiliserons de manière transversale le levier puissant de la commande publique pour garantir la cohérence de l’ensemble des achats de la collectivité au regard de nos objectifs climatiques. Cela se fera via une évolution continue
du SPASER – schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables.
